Corruption : le combat doit s’intensifier

Même si le Cameroun n’est plus en tête du classement des pays perçus comme les plus corrompus du monde, comme ce fut le cas en 1998 et 1999, d’après l’Organisation non gouvernementale (ONG) basée en Allemagne Transparency international (TI), le pays est toujours miné par ce fléau endémique. En témoigne, sa 140e place (sur 180 pays), avec un score de 26 dans le classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2024 publié le 11 février dernier à Berlin. Cette ONG estime d’ailleurs que les niveaux de corruption restent alarmants de par le monde et la lutte contre la corruption s’essouffle. En 2023, le Cameroun occupait toujours le 140e rang mais avec un score de 27. Il a donc reculé d’un point et fait partie des 148 pays qui sont restés stables ou ont vu leur niveau s’aggraver. Depuis sa création en 1995, l’IPC est devenu le principal indicateur de la corruption dans le secteur public au niveau mondial. Il classe 180 pays et territoires de la planète en fonction de leur niveau de perception dans le secteur public, à l’aide de données provenant de 13 sources externes comme, entre autres, la Banque mondiale, le Forum économique mondial, des sociétés privées de conseil et de gestion des risques, des groupes de réflexion. Les scores attribués reflètent les points de vue d’expert-e-s et de personnalités du monde des affaires, et les résultats sont présentés sur une échelle allant de 0 (très corrompu) à 100 (très propre).
La corruption, délit ou infraction pénale qui peut prendre plusieurs formes (fraude, pot-de-vin, extorsion, détournement à des fins d’enrichissement personnel) est, quand elle n’est pas combattue vigoureusement, un cancer dont les métastases se répandent dans le tissu social, politique et économique de nombreux pays. La Fondation Friedrich-Ebert souligne qu’il s’agit d’un mal qui a existé depuis que les êtres humains ont commencé à s’organiser en société. En d’autres termes, la corruption existe dans tous les pays du monde mais ce qui généralement diffère d’un pays à un autre, précise la Fondation, ce sont les dimensions de la corruption, son intensité et plus important encore, la façon dont le gouvernement et la société dans son ensemble s’attaquent à ce problème pour le réduire ou l’éliminer. À ce propos justement, la Commission nationale anti-corruption (CONAC), dans son Rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2023 (13e du genre), a mené des activités de prévention et de communication, des missions d’investigations sur le terrain visant à collecter des éléments de preuves d’actes, de pratiques et de faits de corruption au terme desquelles certaines procédures ont été initiées auprès des juridictions compétentes. Puis, une évaluation du montant du préjudice financier subi par l’État a été produite. 
La CONAC relève ainsi pour le déplorer le fait qu’en dépit des actions menées dans le pays pour combattre cette tumeur maligne, le montant du préjudice financier subi par l’État du Cameroun à cause des pratiques de corruption est énorme. La base de calcul de ce préjudice est constituée des missions d’investigation de la CONAC d’une part, et des condamnations pécuniaires prononcées par le Conseil de discipline budgétaire et financière (CDBF) ainsi que le Tribunal criminel spécial (TCS) d’autre part. Pour l’année 2023 en effet, ce préjudice s’élève à un peu plus de 114 milliards de F. Il était de 4,6 milliards de F en 2022, soit une augmentation de plus de 109 milliards. D’après la CONAC, cette hausse considérable s’explique par trois facteurs : le nombre d’enquêtes conduites par l’institution au cours de l’année sous revue ; le nombre de décisions rendues par la CDBF (20) et le TCS (23) ; ainsi que la nature des affaires ayant donné lieu aux enquêtes de la CONAC et aux décisions de ces juridictions.                                                                                                                                            Le point faible de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2023 demeure, à en croire la Commission, « la coopération nationale, avec très peu d’échanges entre les structures de lutte contre la corruption et la faible implication du secteur privé et des organisations de la société civile ». Pour renforcer le combat et le rendre plus inclusif à l’avenir, l’institution plaide, au plan législatif et réglementaire, po...

Reactions

Commentaires

    List is empty.

Laissez un Commentaire

De la meme catégorie