« Nous sommes parvenus à de brillants résultats en si peu de temps»
- Par Aïcha NSANGOU N.
- 27 févr. 2025 12:28
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Achille Bassilekin III, ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat.
Monsieur le ministre, la 3e édition du Congrès national sur l’incubation d’entreprises au Cameroun s’est achevée le 19 février 2025. Cinq ans après le décret du Premier ministre encadrant cette activité au Cameroun, quel est son état de santé ?
Le développement de l’activité d’incubation constitue un défi majeur pour notre économie et apparaît comme un outil efficace, non seulement de promotion de la culture entrepreneuriale, mais davantage de soutien à la création d’entreprises innovantes et résilientes capables d’induire une croissance forte et durable. L’incubation est évoquée pour la première fois dans la loi n°2010/001 du 13 avril 2010 portant promotion des petites et moyennes entreprises, modifiée et complétée par la loi n° 2015/010 du 16 juillet 2015. Le décret n° 2020/0301/PM du 22 janvier 2020, pris en application de cette loi, viendra définir et préciser les conditions d’exercice et modalités d’accomplissement des missions des structures d’incubation. Dans l’optique de garantir un accompagnement idoine des structures d’incubation, le gouvernement, par le biais du Minpmeesa, a mis en place un cadre de concertation multi-acteurs dénommé : congrès national sur l’incubation d’entreprises au cameroun (CONIEC), dont la première édition s’est tenue du 06 au 08 décembre 2020 ; la deuxième du 14 au 16 décembre 2022 ; et la troisième du 18 au 19 février 2025. Le CONIEC se veut un cadre d’examen, d’analyse et d’évaluation de l’état des lieux du dispositif d’incubation au Cameroun, autant qu’une plateforme pour explorer et déterminer les leviers sur lesquels il convient d’agir, tout en capitalisant les expériences à succès d’incubation à travers le monde, pour une offre d’incubation plus performante dans notre pays. Au cours des précédentes éditions, il s’agissait de jeter les bases de l’activité d’incubation dans notre pays, de définir des standards d’incubation applicables, de dégager des solutions de nature à permettre aux structures d’incubation de se doter de ressources et de dispositifs techniques, financiers et managériaux leur permettant de renforcer le potentiel entrepreneurial et de créativité des jeunes.
Dans la dynamique des précédentes éditions, la 3ème édition s’est donnée pour ambition spécifique de contribuer à la mise en œuvre de la politique d’import-substitution par le développement de l’activité d’incubation. L’enjeu ici est de permettre aux PME incubées de mettre sur le marché national et international des produits et services innovants et compétitifs. L’activité d’incubation connaît de ce fait, cinq ans après le décret du Premier ministre, un engouement certain dans notre pays et s’inscrit durablement sur une trajectoire ascendante. L’attrait sans cesse croissant pour cette activité est également dû au travail acharné que nos équipes mènent sur le terrain en termes de diffusion de la culture d’entreprise et aux importants moyens consentis par les pouvoirs publics en faveur du développement de cette activité.
De façon détaillée, pourrait-on avoir la cartographie des structures d’incubation dans notre pays ?
A ce jour, la cartographie des structures d’incubation dans notre pays permet de répertorier 91 structures d’incubation, dont 22 structures publiques et 69 structures portées par des promoteurs privés. La distribution de ces structures démontre que la région du Centre compte 44 structures d’incubation recensées, suivie du Littoral avec 22 structures, soit un pourcentage de 75,53 % pour les deux régions. Le reste est réparti entre les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui en possèdent chacune 03, le Septentrion 06, l’Ouest 03, le Sud 08, tandis que l’Est ne dispose d’aucune structure connue de nos services à date. On note également que seulement 27 structures d’incubation sont spécialisées dans quelques sous-secteurs reconnus comme prioritaires par la SND30 (agroalimentaire, textile, bois, numérique) et 02 d’entre-elles sont axées sur l’entrepreneuriat féminin. A ce jour, l’on dénombre 50 structures d’incubation ayant accompli avec succès les procédures d’agrément pour les structures privées et de formalisation pour les structures publiques. Par ailleurs, 19 structures d’incubation, logées pour la plupart dans les universités d’Etat et grandes écoles, ont pu bénéficier de subventions conséquentes de la part du MINPMEESA, pour une valeur totale de 2,124 milliards de F au titre du renforcement des besoins en équipement, de formation et de fonds d’amorçage.
Quels résultats concrets ces structures ont-elles produit ?
Les succès des jeunes entrepreneurs issus de structures d’incubation sont régulièrement repris dans les médias. Il s’agit le plus souvent de solutions innovantes, telles que la fabrication d’une couveuse néo-natale 100% Made in Cameroon (par le Fab Lab AUI-Techno), le bateau navigable de l’incubateur de l’Ecole nationale supérieure polytechnique de Douala, le Cardiopad d’Arthur Zang ou, comme ce fut le cas durant la pandémie à Covid-19, la fabrication de portiques sanitaires pour la désinfection des personnes. Avec la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, les idées de projets des incubés se sont orientées vers la résolution de problèmes concrets : la transformation des cabosses de cacao en emballage biodégradables ; le développement d'une huile diététique à partir d'une combinaison de produits forestiers non ligneux locaux ; le développement de conservateurs sous forme de spray pour la tomate, les avocats, les oignons ; le développement de gommes alimentaires pour la panification des farines locales ; le développement du bioplastique à partir de nano composites ; la production d’un « jambon » à partir du poisson silure ; le développement d'un bioplastique antimicrobien à partir des sissongo ; le développement d'un biomatériau composite pour la conservation des boissons, etc. La liste est loin d’être exhaustive. Ces brillants résultats auxquels nous sommes parvenus en si peu de temps doivent être confortés par la densification du nombre d’entreprises viables issues effectivement de l’incubation. Cela induit nécessairement l’optimisation du dispositif d’accompagnement de ces structures et le relèvement substantiel de la performance de celles-ci que notre département se propose d’évaluer.
Au cours de cette édition, il y a eu plusieurs recommandations dont principalement la spécialisation des structures d’incubation. Comment votre Département ministériel compte-t-il réussir ce chantier ?
L’objectif général de ...
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